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Les plages et les stations balnéaires du littoral d’Odesa

*Pourquoi le nom de la ville « Odesa » s’écrit avec un seul « s »?
Nous écrivons le nom de la ville sous la forme « Odesa » avec un seul « s » afin de respecter l’orthographe ukrainienne et la dénomination originale. Les formes internationales traditionnelles comportant un double « s » peuvent encore être utilisées, mais la forme ukrainienne correcte ne comporte qu’un seul « s »..
La station balnéaire de Fontanka possède un important potentiel récréatif. Grâce à la combinaison de la mer et de la steppe, l’air de cette zone de loisirs exerce un effet bénéfique sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et le système nerveux. Les conditions naturelles et le climat de la mer Noire favorisent une climatothérapie efficace. Les principales ressources thérapeutiques de la zone de loisirs de Fontanka sont l’air marin et les bains de mer.
Les plages de Fontanka sont idéales pour ceux qui recherchent un séjour paisible et tranquille sur les rives de la mer Noire, loin du bruit et de l’agitation de la ville. Il est possible d’y camper, d’écouter la brise marine pendant la nuit et d’admirer un magnifique lever de soleil au petit matin.
Un autre avantage des vacances en bord de mer à Fontanka est que la plage est divisée par des rochers en de petites criques, permettant à chacun de trouver un coin isolé pour profiter de la mer en toute intimité.
À Fontanka se trouve l’un des plus grands centres commerciaux et de loisirs d’Ukraine, « Riviera ». Élu meilleur centre commercial d’Odesa par les visiteurs, il propose des activités pour tous les goûts. Outre de nombreuses boutiques, on y trouve un bowling, un karting, un cinéma, un billard, le parc pour enfants LeoPark ainsi qu’un hypermarché « Auchan ». Un parc de loisirs aménagé sur le parking comprend également un amphithéâtre, un parc d’accrobranche, une piscine, un espace de restauration et des terrains de sport, créant ainsi un espace de détente unique pour les habitants et les visiteurs.
Si vous rêvez à la fois de la mer et de la forêt, bienvenue à Lisky ! Ici règnent le calme et la sérénité, tandis que l’air est imprégné des senteurs de la mer, des pins, des fleurs et des baies sauvages. Commencez par vous promener dans la forêt, puis rejoignez les plages sauvages de ce lieu exceptionnel. Elles séduisent les amoureux d’une nature préservée et authentique. On a envie d’y rester allongé sur le sable avec Les Îles du courant d’Hemingway, d’écouter une guitare en direct et de passer tout l’été sur place. Cascades, petites criques, immenses rochers, ruisseaux et une mer d’une limpidité remarquable : tout est réuni pour un séjour parfait.
Malgré sa proximité immédiate avec une grande ville, Kryjanivka n’est pas une destination pour des vacances trépidantes. Au contraire, on y vient pour échapper à l’agitation urbaine, se détendre et profiter de moments de calme, seul ou avec ses proches. Il est rare que quelqu’un choisisse Kryjanivka (district d’Odesa) pour des vacances très animées. Le village semble respirer la tranquillité : les vacanciers flânent paisiblement dans les rues tandis que les touristes se reposent sur la plage.
Il n’y a aucun problème pour se restaurer : de nombreux cafés et restaurants accueillants reçoivent les visiteurs avec plaisir. Bien qu’il n’y ait ni discothèques ni établissements proposant de la musique en direct, les cafés locaux séduisent par leur atmosphère chaleureuse et leur hospitalité. Beaucoup sont des entreprises familiales transmises de génération en génération, ce qui explique la qualité et la saveur de leur cuisine.
La plupart des hôtels de Kryjanivka proposent également des repas ou mettent à disposition des cuisines permettant de préparer soi-même ses repas. Les hébergements y sont très abordables et les prix sont particulièrement attractifs. En même temps, la qualité des chambres est excellente : mobilier moderne, rénovations récentes et belles vues. De nombreux hôtels et mini-hôtels mettent gratuitement à disposition des parasols, des chaises longues et des serviettes de plage. Certains proposent également la location de vélos afin de longer le littoral, admirer le coucher du soleil ou simplement respirer l’air marin.
Kryjanivka est située directement au bord de la mer ; certaines maisons sont pratiquement construites sur la plage. Sur les photographies, on remarque immédiatement la beauté et la propreté du littoral : un sable jaune pâle, une végétation d’un vert éclatant et les eaux bleu profond de la mer.
Le littoral n’est pas très large, à peine une quarantaine de mètres, mais il s’étend sur plusieurs kilomètres. La nature a généreusement doté cet endroit d’une grande richesse de couleurs, tandis que le nombre relativement réduit de vacanciers garantit le calme et la propreté des lieux.
Louzanivka est une plage située à l’écart du centre-ville ; on pourrait dire qu’il s’agit d’une plage « de quartier ». Située au-delà de Peressyp, à l’entrée du grand quartier résidentiel d’Odesa appelé « le village Kotovsky », elle est restée pendant de nombreuses années le lieu de détente privilégié des habitants. Cependant, ces dernières années, Louzanivka gagne en popularité grâce à plusieurs de ses atouts.
UN PEU D’HISTOIRE…
La localité doit son nom à son ancien propriétaire, le général-major Foma Louzanov, qui s’illustra lors des guerres contre Napoléon et l’Empire ottoman. À l’époque du comte Vorontsov, le général-major reçut en récompense de ses loyaux services 18 000 hectares de terres près du liman de Khadjybeï. Son petit-fils Mikhaïl Louzanov, dernier président du tribunal de commerce avant la révolution, était une personnalité très connue et respectée à Odesa. Il projetait d’y créer la « Riviera d’Odesa », un ambitieux projet qui aurait transformé cette partie du littoral en une seconde Nice, un véritable paradis balnéaire. Dix-huit millions de roubles-or devaient être investis ; nul ne sait à quoi ressemblerait aujourd’hui Louzanivka si la révolution n’avait pas interrompu ces grands projets. Au début du XXᵉ siècle, Louzanov fit construire une élégante demeure sur la colline dominant la plage, mais l’arrivée des bolcheviks le contraignit à émigrer avec sa famille. La propriété fut ensuite transformée en camp des jeunes communards, avant de devenir le camp de pionniers « Jeune Garde ».
En 1927, le tramway reliant la place Gretska à Louzanivka (ligne n° 9) entra en service, rendant la plage beaucoup plus accessible. Son principal atout réside dans son caractère naturel : la pente est douce et il n’est pas nécessaire de descendre une falaise abrupte, contrairement à la plupart des autres plages. Il n’y a ni brise-lames ni jetées, ce qui permet à l’eau d’être constamment renouvelée et de rester plus propre que dans les secteurs où elle stagne derrière les ouvrages côtiers. Les fonds sont peu profonds, l’eau y est donc plus chaude et la profondeur augmente progressivement, ce qui rassure les familles avec de jeunes enfants. De plus, aucune clôture ne sépare les différentes zones balnéaires : il est possible de marcher un kilomètre et demi le long de la mer sans rencontrer d’obstacle. Autre avantage majeur de Louzanivka : un parc longe toute la plage, offrant de l’ombre pour se reposer ou organiser un pique-nique. À l’époque soviétique, une liaison régulière en bateau reliait le port d’Odesa à Louzanivka, une tradition que l’on tente aujourd’hui de faire renaître. Depuis le bateau ou simplement depuis la plage, on profite d’un magnifique panorama sur le centre-ville, le port, la gare maritime et la plage de Langeron.
AUJOURD’HUI
Aujourd’hui, Louzanivka offre tous les services balnéaires habituels : chaises longues, douches et cabines de plage. Un parc d’attractions pour enfants y est également aménagé. Ces dernières années, le quartier s’est considérablement développé sur le plan des loisirs : on y trouve de nombreux cafés, restaurants, clubs de nuit estivaux et mini-hôtels (notamment la grande auberge « La Maison des Pavlov », ainsi que les clubs « Malibu », « Limon », « Florida » et « Gulfstream »). C’est une alternative plus abordable aux établissements branchés d’Arcadia : on peut s’y restaurer et s’y détendre à un coût nettement inférieur.
Langeron est historiquement la première plage d’Odesa. À une époque où les Petits et Grands Fontaines étaient encore peu aménagés et où Arcadia n’existait pas encore comme lieu de villégiature, Langeron attirait déjà les amateurs de mer et de soleil. La plage la plus proche du centre-ville devint rapidement le cœur de la vie balnéaire et des résidences d’été, un lieu de fêtes élégantes et de divertissements en soirée.
UN PEU D’HISTOIRE…
Rappelons tout d’abord que Langeron n’est pas seulement une plage, mais aussi un homme. Le comte Louis Alexandre Andrault de Langeron, Français, l’un des premiers gouverneurs municipaux et gouverneurs généraux d’Odesa, est peut-être moins célèbre que ses homologues de Richelieu, de Ribas ou Vorontsov, mais il fut lui aussi une personnalité remarquable qui marqua profondément l’histoire de la ville. C’est sous son administration qu’Odesa obtint le statut de porto-franco et que fut inauguré le célèbre lycée Richelieu.
Le comte possédait également une résidence au bord de la mer, juste derrière la forteresse, à l’emplacement de l’actuel parc central Taras Chevtchenko, autrefois parc Alexandre. On y organisait des bals et des promenades pour l’aristocratie et les riches négociants. Un orchestre y jouait et de somptueux feux d’artifice illuminaient les soirées. De cette résidence ne subsiste aujourd’hui qu’une magnifique arche à six travées portant l’inscription « Langeron », située près de la descente vers la plage, derrière le parking. Construite en 1830, un an avant la mort du comte, cette arche est devenue un symbole du lieu. Langeron légua sa propriété à la ville à condition qu’y soit aménagée la première plage publique municipale. Pendant quelque temps, les habitants continuèrent à appeler cet endroit « la datcha de Langeron », avant de simplifier le nom en « Langeron ».
Avant l’arrivée du tramway, Langeron demeurait la seule grande station balnéaire populaire. La première ligne de « konka » (tramway hippomobile) y fut également établie, reliant la rue Richelievska au parc Alexandre pour un tarif de cinq kopecks. Une estrade en forme de coquille fut construite au bord de la mer pour accueillir les concerts, puis apparurent des restaurants et des villas de location. Les établissements de bains faisaient partie intégrante de la plage ; avec le temps, des bains gratuits furent également aménagés pour les classes populaires, rendant les loisirs balnéaires accessibles à tous.
Entre la plage et le port fut construite en 1903 la tour de la station de sauvetage (« station de secours aux noyés »), que l’on peut encore admirer aujourd’hui. En 1920, les célèbres marches et les emblématiques sphères blanches furent aménagées à l’entrée de la plage, devenant l’une des cartes de visite de Langeron.
À cette époque, les plages étaient bien différentes de celles d’aujourd’hui : elles étaient étroites et couvertes de galets. Entre Langeron et le Petit Fontaine se dressait notamment le rocher appelé « le Moine », dont la silhouette rappelait un religieux portant une capuche. Les falaises instables constituaient également un problème majeur. D’importants glissements de terrain eurent lieu en 1918 puis en 1953, lorsqu’une bande de terrain de deux kilomètres se déplaça de Langeron jusqu’à la ruelle Tsehlianyi.
Au début des années 1960, d’importants travaux d’ingénierie furent réalisés : les pentes furent adoucies, des brise-lames installés et les plages considérablement élargies. L’épidémie soviétique de changements de noms n’épargna évidemment pas Langeron : la plage fut alors rebaptisée « Komsomolskaïa » et l’on tenta même de recouvrir l’inscription de l’arche. Les Odessites continuèrent pourtant à l’appeler Langeron.
AUJOURD’HUI
À gauche (face à la mer), Langeron rejoint le port, où une partie du rivage est constituée de dalles en béton plutôt que de sable, ce qui attire moins de baigneurs. À droite, la plage se prolonge vers celle d’Otrada. Au centre se trouve le delphinarium « Nemo », ouvert toute l’année et considéré comme le plus grand de l’espace post-soviétique. Outre les spectacles de dauphins et d’otaries — destinés aux familles, aux enfants ou aux soirées romantiques — il propose des séances de nage et des séances photo avec ces fascinants animaux marins. Un hôtel est également intégré au complexe.
L’accès à la plage est gratuit, comme sur les autres plages d’Odesa, mais les services sont payants : chaises longues, parasols et cabines de douche. Le front de mer est bordé de cafés, de restaurants proposant des cuisines variées, de mini-hôtels et de plusieurs clubs de nuit. On y trouve également un poste de secours et un poste de police. À l’été 2011, Langeron a été désignée meilleure plage parmi les onze principales plages d’Odesa selon plusieurs critères : disponibilité des transats, des poubelles, des toilettes, des cabines de plage et des équipements de loisirs.
« Vidrada, avec ses quatre petites rues paisibles bordées d’acacias blancs, à travers le feuillage léger desquels transparaissait si romantiquement le ciel marin légèrement verdâtre… ».
Les rues dont parlait autrefois l’écrivain odessite Valentyn Kataïev sont encore aujourd’hui paisibles et pleines de charme, avec leurs noms simples et agréables : Vidradna, Yasna, Zatychna et Morska. Vidrada est un petit quartier pittoresque du centre d’Odesa ainsi que la plage qui porte son nom. On peut y descendre depuis le Théâtre de la Comédie musicale en empruntant les ruelles, ou par la ruelle Azarov. Le plus agréable est toutefois de poursuivre jusqu’à l’arrêt Pyrohovska (par le tramway n° 5) et d’entrer par l’arche de style mauresque.
Cette arche fut construite au début du XXᵉ siècle par l’architecte Valerian Schmidt et conduisait à la villa de Mme Jdanova, dont l’histoire s’est perdue au fil du temps. Un autre propriétaire de terrains dans ce secteur était le marchand grec Khalaidjohlo ; selon la tradition, sa demeure portait le nom de « Villa Vidrada », qui donna ensuite son nom à tout le quartier. Sous ces villas, le rivage alors désert n’abritait que les cabanes des pêcheurs, d’où ils partaient en mer à bord de leurs chalandy. Puis, à la suite de Langeron, la « fièvre des plages » atteignit également cet endroit : des établissements de bains, des lieux de loisirs furent aménagés et les premiers vacanciers tracèrent leurs sentiers vers la mer.
Aujourd’hui, l’accès par les escaliers est, comme on dit, entièrement gratuit. Ceux qui le souhaitent peuvent toutefois descendre en téléphérique. Celui-ci fut construit en 1971 afin d’assurer une liaison confortable entre le boulevard Français (alors boulevard Prolétarien) et la plage. Depuis plusieurs dizaines de mètres de hauteur, il offre une magnifique vue sur la mer et les environs.
Si l’on préfère descendre à pied, on se rappellera que cette pente abrupte, haute d’environ quarante mètres, était autrefois une véritable falaise, régulièrement touchée par des glissements de terrain.
L’aménagement du versant débuta au début des années 1960 : la pente fut adoucie et plantée d’arbres. C’est également à cette époque que furent construits les escaliers en béton, tandis que la plage fut élargie et protégée par un brise-lames. En descendant, on traverse la Piste de la Santé, qui longe la mer de Langeron jusqu’à Arcadia sur près de sept kilomètres. La circulation automobile y est interdite ; cette promenade est réservée aux sportifs et aux amateurs d’activités de plein air : cyclistes, rollers et joggeurs. Des installations sportives jalonnent tout le parcours. En été, un véhicule électrique silencieux permet également de rejoindre Langeron ou Arcadia. En poursuivant vers la gauche, on arrive au centre d’entraînement du club de football Tchornomorets, où les jeunes Odessites s’entraînent jusqu’au soir. À proximité se trouvent également des courts de tennis.
À droite de la plage de Vidrada se situe le yacht-club, qui propose des promenades en yacht ainsi que des services de location. Le Yacht-Club de la mer Noire existe à Odesa depuis 1875.
Quant à la plage elle-même, l’accès reste traditionnellement gratuit, tandis que certains services sont payants : transats, parasols et douches. Comme sur les autres plages, on y trouve également un poste de secours, un poste médical et une présence policière. Le long de la promenade bordant la plage se succèdent restaurants, cafés, mini-hôtels et plusieurs clubs de nuit, notamment « L’Île au Trésor », « Villa Vidrada » et « Vidrada Beach Club ». Parmi les curiosités du lieu figure un grand rocher jaune, près duquel les Odessites aiment fixer leurs rendez-vous et où les visiteurs aiment se faire photographier (et parfois l’inverse).
La plage « Delfin » n’est certes pas aussi célèbre qu’Arcadia ou Langeron, mais cela ne signifie pas qu’elle soit moins agréable. Elle possède son propre charme : une vaste plage de sable, de magnifiques pentes verdoyantes qui la dominent, moins d’établissements de divertissement envahissants (même s’il y en a quelques-uns), et une atmosphère propice à un repos paisible au bord des vagues de la mer Noire sous le doux soleil du Sud. On peut rejoindre « Delfin » en prenant le tramway n° 5 jusqu’à l’arrêt « Institut Filatov » (ruelle Champanskyi), puis en descendant vers la mer en passant devant le restaurant « Hletchyk ». Une autre possibilité consiste à poursuivre jusqu’au sanatorium « Magnolia », où un ascenseur souterrain et une galerie permettent d’accéder directement à la plage. Ce tunnel décoré de mosaïques, long d’environ deux cents mètres, constitue l’une des curiosités du sanatorium. On peut également venir en voiture : une route mène presque jusqu’à la plage et un parking aménagé est disponible.
À proximité de « Delfin », sur le boulevard Français, se trouvent un bâtiment de l’Université d’Odesa ainsi que plusieurs résidences étudiantes ; la plage est donc considérée comme un lieu très apprécié des jeunes. On y croise souvent des étudiants célébrant la fin de leurs examens, tandis que d’autres préfèrent manifestement le soleil à un cours un peu trop ennuyeux.
Les amateurs de sport y trouvent également leur bonheur. Plusieurs terrains d’entraînement sont installés le long de la Piste de la Santé : barres fixes, barres parallèles et espaliers sont particulièrement fréquentés en été, mais restent utilisés même en hiver. Pendant la belle saison, on peut assister aux entraînements de clubs de boxe et de sports de combat. L’une des pentes est aménagée pour la pratique du VTT de descente, tandis qu’un terrain de volley-ball est installé directement sur la plage.
Comme sur les autres plages d’Odesa, l’accès est gratuit, mais les services sont payants : transats, parasols et douches. Il est facile de trouver des boissons fraîches, des glaces et plusieurs cafés à proximité. La plage accueille également le club de nuit « Tabou » ainsi que le restaurant « Outiossov », doté d’une terrasse d’été.
Il est particulièrement appréciable que les besoins de tous les visiteurs aient été pris en compte : « Delfin » dispose d’une plage municipale spécialement aménagée pour les personnes en situation de handicap, avec une rampe d’accès à la mer, un vestiaire adapté et une douche accessible. La pente douce est également très pratique pour les familles avec des poussettes.
Odesa est considérée comme l’un des principaux lieux du naturisme sur le littoral ukrainien de la mer Noire. Même sur les plages publiques, environ un tiers des femmes pratiquent le bronzage seins nus, seules ou accompagnées, ce qui, dans une ville balnéaire, est tout à fait naturel et ne surprend personne. Odesa possède également une communauté naturiste bien établie, attentive à la propreté et au bon ordre de la plage.
La plage naturiste se trouve presque au centre-ville, entre les plages de Delfin et d’Arcadia. Elle est accessible en une quinzaine de minutes depuis la gare ferroviaire par le tramway n° 5 jusqu’à l’arrêt « Sanatorium Tchkalov » sur le boulevard Français, puis par un sentier traversant le parc jusqu’à la mer. Une fois arrivé sur la promenade côtière, il faut contourner par la droite la plage clôturée du sanatorium Tchkalov (dont l’accès est payant pour les visiteurs extérieurs), puis suivre le rivage jusqu’au sentier descendant de la falaise. On reconnaît également facilement l’endroit grâce aux quelques hommes qui, du haut de la falaise, observent attentivement ce qui se passe sur la plage. Celle-ci s’étend sur une bande d’environ vingt à trente mètres de large, principalement recouverte de galets de la taille d’un œuf de pigeon, avec toutefois une petite zone sablonneuse au centre. Par beau temps, plusieurs centaines de personnes s’y retrouvent même en semaine, et plus d’un millier durant les week-ends. Si vous aimez prendre le soleil sans vêtements, cet endroit vous plaira certainement. En revanche, l’espace disponible est souvent insuffisant, surtout les fins de semaine.
La plage dispose d’un petit bar où l’on peut acheter de la bière, de l’eau et des cigarettes. Les vendredis, samedis et dimanches, on y prépare également un excellent plov, réputé pour être absolument délicieux.
La plage d’Arcadia est la plus animée et la plus dynamique d’Odesa, véritable centre de la vie balnéaire et des divertissements nocturnes. Le jour, d’innombrables vacanciers trouvent, eh bien oui, leur place au soleil ; après le coucher du soleil, les restaurants et les clubs de nuit installés au bord de la mer rivalisent par le volume de leur musique et le prestige des artistes invités. Arcadia, en tant que lieu de villégiature à la mode, est réputée bien au-delà d’Odesa.
UN PEU D’HISTOIRE…
Tout commença à la fin du XIXᵉ siècle. À cette époque, la rue Derybassivska et le boulevard Prymorsky faisaient déjà la fierté des habitants et des visiteurs d’Odesa, tandis qu’à l’emplacement de la future Arcadia il n’y avait encore qu’une plage rocheuse, peu propice à la détente. Comme l’écrivait l’historien A. M. Deribas (descendant de celui dont la rue porte le nom), on n’y trouvait guère qu’une modeste cabane appartenant à un pauvre pêcheur grec qui, malgré sa pauvreté, savait offrir aux voyageurs un véritable vin de Santorin.
Le découvreur d’Arcadia est considéré comme étant le Belge Émile Cambier, directeur de la compagnie belge des chemins de fer hippomobiles d’Odesa (« konka »). Se rendant régulièrement aux écuries du Petit-Fontaine pour son travail, il remarqua une vaste vallée côtière idéale pour les promenades. En effet, la plupart des plages d’Odesa étaient accessibles uniquement par des falaises et des pentes abruptes, tandis qu’ici on pouvait rejoindre la mer par une descente naturelle et douce. Les versants de cette vallée étaient couverts d’immortelles lilas, tandis qu’un ruisseau murmurait à proximité. L’entreprenant Cambier décida de prolonger la ligne de la « konka » jusqu’à ce magnifique endroit et y fit construire le premier restaurant de plage. Dans le roman La voile blanche solitaire de Valentyn Kataïev, on retrouve l’Arcadia de cette époque : « Voici Arcadia, le restaurant sur pilotis, la coquille de l’orchestre… les parasols multicolores, les nappes que le vent faisait onduler… »
C’est également à cette époque qu’apparut le nom d’« Arcadia ». Comme on le sait, l’Arcadie était une région de Grèce qui, grâce aux poètes, devint le symbole d’une terre idyllique, d’un paradis naturel. La future Arcadia d’Odesa devait devenir un lieu de villégiature tout aussi idéal. Son nom apparaît dès 1893 dans les journaux d’Odesa : « La direction du chemin de fer hippomobile a présenté à l’administration municipale un projet de prolongement de la ligne depuis la route du Petit-Fontaine jusqu’au lieu connu sous le nom d’“Arcadia”. »
L’esprit d’entreprise de Cambier fut récompensé : les Odessites adoptèrent rapidement ce nouveau lieu de loisirs, et Arcadia devint très populaire. Des établissements de bains ouvrirent leurs portes, de nouveaux restaurants et lieux de divertissement furent construits pour une clientèle aisée, tandis que de modestes brasseries accueillaient un public plus simple. Le contraste était saisissant : Arcadia était desservie aussi bien par le prestigieux boulevard Français, où se trouvaient les villas de la noblesse et des riches familles odessites (Marazli, Mavrocordato, Papoudov), que par la route de Nova-Arcadia (aujourd’hui l’avenue Chevtchenko), bordée à l’époque de quartiers pauvres où prospéraient la criminalité et les bas-fonds. Les noms des lieux en disent long : le quartier Holopouzivka, la rue Charlatanna.
Après la révolution d’Octobre 1917, les villas des magnats d’Odesa furent transformées en sanatoriums, tandis que de nouvelles résidences destinées aux responsables du Parti furent construites autour d’Arcadia. Des hôtels virent également le jour. Les nombreux sanatoriums accueillaient des travailleurs soviétiques venus de toutes les républiques, dont les établissements portaient des noms symbolisant cette amitié : Ukraine, Moldavie, etc. La célèbre plage apparut à plusieurs reprises dans le cinéma soviétique. C’est notamment ici que fut tournée la scène du film Le Voyage rayé, où les vacanciers fuient, pris de panique, devant des tigres dressés, tandis que Panikovski et Choura Balaganov, dans Le Veau d’or, y buvaient leur kéfir.
Dans les années 1960, d’importants travaux de protection du littoral furent réalisés et la plage fut considérablement élargie.
AUJOURD’HUI
Après la période difficile des années 1990, Arcadia a connu un nouvel essor marqué par une intense activité de construction. De nouvelles terrasses d’été et des clubs de nuit branchés ont vu le jour, attirant des visiteurs venus de toute l’Ukraine et de l’étranger. Arcadia, à l’image d’Odesa elle-même, reste populaire par tous les temps et à toutes les époques.
C’est ici, à Arcadia, que commence véritablement la vie nocturne de la capitale du Sud. Chacun y trouve son bonheur grâce à la grande diversité des établissements de loisirs : cafés accueillants, restaurants raffinés et clubs prestigieux. Même la plage n’est pas une plage comme les autres : au coucher du soleil, elle se transforme en immense piste de danse où les meilleurs DJ font de chaque soirée un événement unique et inoubliable.
Les plages du Grand-Fontaine se trouvent immédiatement après la plage d’Arcadia lorsque l’on vient du centre-ville. Jusqu’à une époque récente, il était possible de rejoindre tranquillement à pied, en longeant la mer, les plages des différentes stations du Grand-Fontaine depuis Arcadia. Mais Odesa continue de s’étendre, notamment en tant que station balnéaire. Chaque année, le nombre de visiteurs venant profiter des plages de la mer Noire augmente. En raison de la construction de nouveaux hôtels, pensions et centres de vacances le long du littoral, le passage entre Arcadia et les plages du Grand-Fontaine est actuellement fermé.
Le nom Grand-Fontaine provient du grand nombre de sources qui jaillissaient autrefois des catacombes tout au long du littoral. Aujourd’hui, cette côte se présente comme une vaste bande de plages de sable s’étendant de la huitième à la treizième station du Grand-Fontaine.
Les sanatoriums et centres de vacances installés sur le littoral proposent de nombreuses possibilités de séjour. L’endroit est très apprécié aussi bien des habitants d’Odesa que des visiteurs. Le secteur comprend également un important quartier résidentiel privé où de nombreux vacanciers choisissent de séjourner au bord de la mer. Les plages du Grand-Fontaine sont sablonneuses et séparées par des brise-lames.
Le 1ᵉʳ juillet 2025, Odesa a inauguré la plage inclusive rénovée de la 11ᵉ station du Grand-Fontaine, conforme aux normes internationales en matière d’accessibilité, de sécurité et d’environnement. Elle a reçu la certification « AES Standard », qui atteste de sa conformité aux exigences internationales de qualité, de sécurité et de durabilité environnementale.
Cette plage inclusive est équipée de rampes d’accès spécialement aménagées, de toilettes modernes et de cabines de douche adaptées aux besoins des personnes en situation de handicap. Elle dispose également d’un poste de secours médical et d’un abri. Après sa rénovation complète, la plage de la 11ᵉ station du Grand-Fontaine offre des cheminements confortables et des infrastructures accessibles, dont la conformité a été vérifiée aussi bien par des experts que par les utilisateurs.
La Côte d’Or est le nom poétique donné à la plage située à la 16ᵉ station du Grand-Fontaine.
UN PEU D’HISTOIRE…
Les stations du Fontan sont liées au premier tramway d’Odesa : c’est ainsi que l’on appelait ses arrêts. Avant l’arrivée de l’électricité, le Grand-Fontaine était desservi par des voitures hippomobiles, la célèbre « konka ». À l’époque d’Isaac Babel, il s’agissait déjà d’un tramway à vapeur (« le petit train à vapeur »), qui fut d’ailleurs le premier de tout l’Empire russe, mis en service en 1881. En 1910, le tramway électrique entra en fonction. Quant au trajet, il demeura inchangé : de la 1ʳᵉ station du Fontan (dans le quartier du Champ de Koulykove) jusqu’à la 16ᵉ station (la Côte d’Or).
Et, bien entendu, les voyageurs s’y rendaient pour profiter de la plage, la Côte d’Or ayant toujours été considérée comme l’une des plus belles. L’origine de son nom s’est perdue au fil du temps, mais, comme souvent, plusieurs légendes locales subsistent. Selon l’une d’elles, il s’agissait de l’une des rares plages naturelles dont le sable, particulièrement fin et pur, semblait « doré ». Une autre raconte que des souterrains reliaient le centre-ville à la 16ᵉ station ; de jeunes filles enlevées y étaient conduites avant d’être échangées contre de l’or turc puis envoyées dans les harems. Une troisième version, également liée aux Turcs, affirme qu’en 1811 un navire ottoman chargé d’une fabuleuse cargaison de pièces d’or aurait fait naufrage à cet endroit. Tous les habitants se seraient alors précipités sur la plage pour chercher le trésor, et chacun des Odessites aurait trouvé quelques pièces. Personne ne peut dire avec certitude ce qui s’est réellement passé ici il y a deux siècles, mais aujourd’hui chaque habitant d’Odesa et chaque visiteur venu sur cette plage est assuré de trouver l’or du soleil éclatant et les reflets scintillants des vagues de la mer.
Autour de la plage se développa progressivement un quartier de villas de plus en plus prestigieux. Les résidences du Fontan coûtaient alors moins cher que celles du boulevard Français ; c’est pourquoi une population plus simple, plus diverse et particulièrement intéressante y passait l’été. Au fil du temps, la 16ᵉ station devint le véritable centre commercial et culturel de la vie balnéaire. En 1892, le premier théâtre d’été de la banlieue d’Odesa, fondé par Sergueïev, y ouvrit ses portes. Sur sa petite scène étaient jouées des comédies, tandis que le « petit train à vapeur », passant tout près du théâtre, couvrait parfois les répliques des acteurs de ses puissants coups de sifflet. Plus tard, le théâtre fut agrandi et modernisé ; des poètes tels qu’Edouard Bahrytsky, Anatoli Fioletov et Valentyn Kataïev y récitèrent leurs œuvres.
Des restaurants et des buffets accueillaient les vacanciers, quel que soit le contenu de leur portefeuille. L’un des lieux les plus réputés était l’établissement des Bains marins chauds. Un cinéma d’été fonctionnait également ; après la Seconde Guerre mondiale, on y projetait des films trophées, notamment Tarzan et d’autres grands succès du cinéma.
Les glissements de terrain ont toujours constitué l’un des principaux problèmes du littoral d’Odesa ; il fallut même modifier à plusieurs reprises le tracé du tramway lorsque les rails se retrouvèrent dangereusement près du bord de la falaise. C’est pourquoi, comme les autres plages, la Côte d’Or fut profondément réaménagée dans les années 1960 : des apports de sable furent réalisés, d’importants travaux de protection du littoral furent entrepris, des brise-lames en béton furent installés, les pentes furent adoucies et de nouveaux escaliers ainsi que des accès confortables furent aménagés. Les glissements de terrain ont depuis disparu ; toutefois, la mer continue parfois d’emporter une partie des plages, notamment lors des tempêtes hivernales. Si le sable ne revient pas naturellement au printemps, il est réapprovisionné artificiellement.
AUJOURD’HUI
L’une des nouveautés les plus remarquables est la promenade aménagée récemment à la 16ᵉ station. Le front de mer est désormais pavé de granit, bordé de réverbères élégants, de confortables bancs, d’une terrasse panoramique et de majestueux platanes. De magnifiques fontaines et des massifs fleuris viennent parachever cette oasis de promenade. Les promenades y sont particulièrement agréables lors des soirées d’été, lorsque les illuminations nocturnes se mêlent au doux murmure des vagues.
La plage elle-même propose des divertissements pour les visiteurs de tous âges. Les plus jeunes disposent d’une aire de jeux, d’une piscine, de toboggans aquatiques, d’un stand de tir et de nombreuses autres attractions. Les adultes peuvent profiter des scooters des mers, des parachutes ascensionnels, des bars, des restaurants, des cafés et des clubs. Chacun y trouvera ce qu’il souhaite… à condition d’y mettre le prix. Et, bien sûr, la mer et le soleil sont toujours offerts en supplément — histoire de ne jamais les oublier…
Les plages de ce secteur s’étendent le long de la rue Datcha Kovalevsky ainsi qu’à proximité du Mémorial de la 411ᵉ Batterie.
UN PEU D’HISTOIRE…
Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’histoire de la rue Datcha Kovalevsky est intimement liée à celle du réseau d’approvisionnement en eau d’Odesa et, comme vous le verrez, elle est également marquée par une profonde tragédie. Mais reprenons les événements dans leur ordre…
Au cours des premières décennies de son développement rapide, Odesa fut confrontée à un grave problème d’approvisionnement en eau potable. À cette époque, les habitants étaient contraints de recueillir l’eau de pluie pour leurs besoins quotidiens. Toutefois, à la fin du XVIIIᵉ siècle et au début du XIXᵉ siècle, trois petits hameaux apparurent sur le littoral, au nord-ouest de la jeune ville. Leur création s’explique par la présence, à cet endroit, d’abondantes sources d’eau potable. Les Odessites désignaient ces sources par le mot français « fontaine ». Les hameaux reçurent donc les noms de Grand-Fontaine, Moyen-Fontaine et Petit-Fontaine. Ces trois Fontaines devinrent les principales sources d’approvisionnement en eau d’Odesa. Plus tard, afin d’acheminer cette eau jusqu’à la ville, un convoi ferroviaire hippomobile composé de plusieurs wagons fut mis en service entre les hameaux et Odesa ; les hameaux commencèrent alors à être appelés des « stations ». Une fois arrivée en ville, l’eau était distribuée dans des tonneaux montés sur des chariots tirés par des chevaux. On conviendra qu’un tel système était particulièrement lourd et laborieux. Seul un véritable réseau d’adduction d’eau pouvait résoudre ce problème…
L’un de ceux qui tentèrent de relever ce défi fut l’émigré français Stéphane Pichon. Cependant, cette tâche considérable ne put être menée à bien et un riche négociant de Taganrog, Timofeï Kovalevsky, reprit le projet. À la fin des années 1840, il fit construire, à la station du Grand-Fontaine, une galerie souterraine de captage en pierre, une station de pompage à vapeur, un château d’eau de quarante-cinq mètres de haut ainsi qu’un aqueduc de douze kilomètres. L’eau était acheminée jusqu’à l’actuel carrefour des rues Staroportofrankivska et Velyka Arnaoutska, où fut installé un vaste réservoir métallique. De là, des porteurs d’eau la distribuaient dans toute la ville à l’aide de leurs chariots. La première mise en service de cet aqueduc eut lieu le 15 février 1853. Cette date peut être considérée comme celle de la naissance du réseau d’alimentation en eau d’Odesa.
En reconnaissance de ses services rendus à la ville, Timofeï Kovalevsky reçut le titre de Citoyen d’honneur d’Odesa, titre qui se transmettait ensuite à ses descendants par la lignée masculine. À proximité du château d’eau, la famille Kovalevsky fit construire sa résidence.
Cependant, les sources du Fontan s’épuisèrent progressivement et l’entreprise de Kovalevsky commença à décliner… Accablé par d’importantes dettes, le créateur du premier réseau d’eau d’Odesa mit fin à ses jours à la fin des années 1860 en se jetant du haut du château d’eau qu’il avait lui-même fait construire. Son fils aîné, Andriy Kovalevsky, tenta de sauver l’entreprise, mais sans succès. En 1873, afin de répondre aux besoins croissants de la ville, Odesa commença à être alimentée en eau depuis la station de pompage de Biliaïvka, qui captait l’eau du Dnister. Cette eau était nettement moins bonne que celle des sources du réseau Kovalevsky, si bien que les habitants commencèrent à dire qu’elle « n’était pas fontaine ». C’est ainsi qu’est née la célèbre expression odessite, encore employée aujourd’hui pour qualifier quelque chose de médiocre : « Ce n’est pas fontaine », autrement dit : « Ce n’est pas fameux ». Après la prise d’Odesa par l’Armée rouge en 1920, les descendants de Timofeï Kovalevsky émigrèrent à l’étranger. Dans les années 1930, le château d’eau fut démoli, les autorités soviétiques estimant qu’il pouvait servir de point de repère à l’artillerie ennemie en cas de conflit.
Ainsi s’acheva l’histoire du premier réseau d’alimentation en eau d’Odesa. Toutefois, le quartier où se trouvait cette première station de captage, la rue longeant le littoral de la mer Noire, puis l’ensemble de cette partie du rivage, conservèrent au fil du temps le nom de Datcha Kovalevsky.
AUJOURD’HUI
Le littoral du quartier de la Datcha Kovalevsky est un endroit véritablement unique… C’est le domaine des célèbres « koureni » de pêcheurs d’Odesa, de petites maisons de vacances appartenant traditionnellement aux pêcheurs amateurs. Presque chaque propriétaire d’un tel kourin possède au moins une embarcation de pêche. Ces maisonnettes s’étendent le long de la côte pratiquement jusqu’à Tchornomorsk et sont regroupées en différents « embarcadères ». Aujourd’hui, nombre de ces koureni ont perdu leur vocation première : leurs propriétaires les louent désormais aux visiteurs pendant la saison estivale.
La plage se trouve près du cap du Grand Fontan : un véritable paradis pour les introvertis, les amateurs de photographie, les amoureux des tête-à-tête avec la mer et des promenades sur les collines. Les paysages sauvages y sont d’une beauté saisissante ! Le cap donne le vertige et, au printemps, vous offre la possibilité de vous sentir comme Alice au pays des merveilles, allongé dans un champ de marguerites. Ici flotte l’esprit de cette Odesa authentique, ancienne, faite de villas d’été et restée intacte. Toute cette beauté se trouve à proximité du monastère masculin de la Dormition. C’est sans doute pour cette raison que la plage est appelée « Monastyrsky » (« la plage du Monastère ») ou « Popovsky ».
C’est probablement l’un des rares endroits d’Odesa où la plongée sous-marine depuis le rivage présente un réel intérêt. Grâce à la succession de brise-lames et à la proximité du cap, les fonds marins n’y sont pas plats comme une assiette. Le long des brise-lames se trouvent des amas de blocs de béton et de rochers granitiques qui constituent un excellent habitat pour la faune marine. Plus loin du rivage apparaissent de petits affleurements de calcaire finement stratifié portant les empreintes d’anciens mollusques marins.
Tchornomorka est une proche banlieue d’Odesa possédant sa propre plage, qui a connu des jours meilleurs mais conserve encore aujourd’hui plusieurs atouts. Contrairement aux autres plages situées dans les eaux de la baie d’Odesa, Tchornomorka s’étend au bord de la haute mer, où la brise marine souffle librement sur les vastes étendues de la steppe pontique. La combinaison unique du climat maritime et steppique, à la limite entre Odesa et le district d’Odesa, ainsi que les paysages pittoresques de vergers et de vignobles en fleurs, ont permis d’y créer d’excellentes conditions de repos et de soins.
UN PEU D’HISTOIRE…
Les sanatoriums, pensions et centres de vacances sont les témoins de l’époque soviétique aujourd’hui révolue. Certains ont survécu aux périodes difficiles, sont toujours en activité et accueillent volontiers des visiteurs. Le nom même de Tchornomorka date également de cette époque ; avant la révolution, la localité était peuplée de colons allemands et s’appelait Lustdorf (« village joyeux »). Si l’on remonte encore plus loin dans l’histoire, jusqu’en 1805, lorsque les quarante premières familles arrivèrent ici depuis la région du Wurtemberg, elles baptisèrent leur nouvelle colonie Kaiserheim. Fidèles à l’Ordnung allemande, elles construisaient leurs colonies selon un modèle traditionnel : une église luthérienne au centre, une école et un bâtiment administratif. D’ailleurs, les maisons bâties par les colons allemands subsistent encore dans de nombreux villages et petites villes du littoral nord de la mer Noire. Cette colonie prospère vivait de riches récoltes offertes par les terres ukrainiennes, d’un commerce florissant et possédait même un théâtre jouant des pièces en plusieurs langues et partant en tournée.
Selon une tradition locale, le nom de Lustdorf se serait imposé après la visite du gouverneur de la ville, le duc de Richelieu, qui fut séduit par ce « village joyeux ». Il fallait cependant beaucoup de temps pour s’y rendre depuis Odesa ; les élégantes Odessites plaisantaient même en disant de Paris : « C’est très loin… quelque part derrière Lustdorf. » Les Allemands, gens pragmatiques, furent les premiers à construire une ligne de tramway électrique reliant Lustdorf à la 16ᵉ station du Grand Fontan, alors qu’à Odesa circulait encore le petit tramway à vapeur. Aujourd’hui encore, on peut rejoindre l’endroit par le tramway qui traverse la steppe côtière. Certes, depuis cette époque, la steppe s’est largement urbanisée et les rames sont beaucoup plus fréquentées. Mieux vaut donc rester attentif, sous peine de dépasser son arrêt… sinon jusqu’à Paris, du moins jusqu’à perdre son portefeuille.
Les difficultés des habitants allemands de Lustdorf commencèrent après la révolution, avec les campagnes de dékoulakisation, les répressions et la lutte contre la religion. L’église luthérienne fut démolie ; seule une annexe subsista. Puis vint la guerre, après laquelle tous les Allemands furent déportés : certains en Allemagne, d’autres en Sibérie ou au Kazakhstan. Voilà la triste histoire de ce « village joyeux ». Fait intéressant, l’ancien nom allemand est aujourd’hui peu employé, mais il a survécu dans celui de la route qui y conduit : la route de Lustdorf, c’est-à-dire la route vers Tchornomorka.
AUJOURD’HUI
Revenons à la plage. À gauche se dessinent le cap du Grand Fontan avec son phare et les coupoles du monastère masculin de la Sainte-Dormition ; à droite apparaît Tchornomorsk, la ville satellite d’Odesa. À Tchornomorka, contrairement aux plages de la ville, aucun ouvrage de protection du littoral ni brise-lames n’a été construit ; les vagues de la haute mer viennent donc librement battre le rivage. C’est un avantage pour ceux qui aiment nager dans les vagues, mais pas toujours pour le sable, régulièrement emporté par la mer. Comme nous l’avons déjà mentionné, la plage de Tchornomorka connut son apogée dans les années 1970-1980, lorsque les sanatoriums soviétiques étaient en plein essor. Aujourd’hui, les autorités s’efforcent de redonner vie au littoral, de restaurer son ancienne renommée et d’aménager les espaces environnants.
La plage compte toujours de fidèles habitués qui ne jurent que par cet endroit et viennent y passer leurs vacances, parfois même en toute simplicité. En s’y prenant un peu à l’avance, il est facile de louer une chambre, une petite maison ou un kourin auprès des habitants ou des propriétaires de datchas. Les pêcheurs y capturent des carrelets (kambala), des gloses, ainsi que les traditionnels gobies de la région d’Odesa. À proximité se trouve le port de pêche. On y trouve également de nombreux cafés et terrasses d’été. Les loisirs balnéaires classiques sont bien présents : transats, parasols, volley-ball, scooters nautiques, belles filles bronzées, les vendeurs criant « Maïïïs chaud ! » et « Pepsiii bien fraîche ! ».
La station balnéaire de Sauvignon est l’un des quartiers les plus beaux et les plus prestigieux des environs d’Odesa. Elle porte le nom du célèbre cépage français utilisé pour la production de vins. Sauvignon se situe à 18 kilomètres du centre d’Odesa, plus précisément dans le district d’Odesa, tout en restant très facilement accessible. La localité bénéficie d’un magnifique environnement et d’un long littoral maritime. Elle se distingue particulièrement par son élégance et son niveau de confort. Vous pourrez y découvrir le visage le plus raffiné et le plus prospère de la région.
Sauvignon se distingue également par la combinaison de l’air marin et de l’air de la steppe, réputée bénéfique pour le traitement de nombreuses affections. Grâce à son climat doux et tempéré, il est agréable d’y séjourner en toute saison. Les infrastructures y sont particulièrement développées : jardin d’enfants, école, commerces, restaurants, cafés, saunas, piscine, centre de bien-être, spa proposant de nombreux soins et de l’eau artésienne, bowling, salle de billard, banque, discothèque, agence de voyages et bien d’autres services.
UN PEU D’HISTOIRE…
L’histoire de Sauvignon commence en 1997. Lorsqu’on souhaite se rapprocher de la nature sans quitter la ville, un village résidentiel de cottages représente un compromis idéal. C’est ce qu’ont compris les fondateurs du projet « Sauvignon ». Inspirés par l’expérience de plusieurs pays développés, ils ont élaboré un vaste programme immobilier prévoyant l’aménagement d’environ 450 hectares et la création d’un quartier résidentiel portant ce nom. Les historiens soulignent toutefois que ces terres sont habitées depuis plusieurs millénaires, comme en témoignent les nombreuses découvertes archéologiques effectuées sur le site.
Selon une tradition locale, le célèbre œnologue Vassyl Taïrov aurait consacré près de dix années à rechercher les meilleures conditions climatiques pour la culture de la vigne. Son choix se serait finalement porté sur ces terres. Voilà pourquoi le nom Sauvignon convenait parfaitement à ce nouveau quartier résidentiel, évoquant à la fois la célèbre variété de raisin et l’univers viticole français. Peu à peu apparurent les premières constructions, puis les rues et enfin plusieurs microquartiers. Aujourd’hui, on en compte neuf, chacun possédant sa propre identité, tant par son architecture que par la superficie de ses terrains ou le nombre de ses habitants. Désormais, Sauvignon est devenu une véritable marque, symbole de prospérité, de réussite et de qualité de vie.
AUJOURD’HUI
Les complexes balnéaires Bora Bora Paradise et Skhid (« Est ») répondent aux standards internationaux des stations balnéaires. On y trouve également plusieurs plages publiques : la plage universitaire ainsi que les petites et grandes plages publiques du versant sud. Les plages de sable, parfaitement entretenues, sont ponctuées de nombreux pontons s’avançant dans la mer. Les eaux peu profondes permettent aussi bien aux adultes qu’aux enfants de profiter pleinement de la baignade. L’un des principaux avantages des plages publiques est leur accès gratuit. On n’y trouve ni transats ni parasols, mais l’essentiel est bien là : la mer et le sable. Quant aux complexes Bora Bora Paradise et Skhid, ils offrent une magnifique vue sur la mer, de nombreux établissements et un excellent niveau de service.
Les enfants pourront s’amuser dans le village balnéaire équipé d’un parc aquatique et de toboggans gonflables. Ils apprécieront également l’aire de jeux aménagée dans la pinède ainsi que la fontaine Les Dauphins, idéale pour se détendre et jouer. Sauvignon possède aussi plusieurs restaurants, un café-bar et des clubs qui séduiront les visiteurs adultes. Les courts de tennis permettront de rester en forme tout en variant les loisirs. Enfin, la proximité immédiate d’Odesa vous permettra de rejoindre la « Palmyre du Sud » à tout moment afin d’y poursuivre vos découvertes.
Sauvignon est un quartier calme et prestigieux. Vous y oublierez rapidement le stress, les soucis et l’agitation urbaine pour savourer pleinement vos vacances. Les nombreuses activités proposées agrémenteront votre séjour. Petits et grands y trouveront chacun leur bonheur. Chaque vacancier pourra choisir la plage qui lui convient, publique ou privée. Dans tous les cas, un séjour à Sauvignon vous laissera des souvenirs inoubliables.
Tchornomorsk se situe à 30 km d’Odesa, sur les rives de la mer Noire. Les environs de la ville possèdent de nombreuses qualités naturelles bénéfiques pour la santé. Le climat doux favorise le bien-être et la récupération des vacanciers. À Tchornomorsk, la mer Noire vous accueille avec ses longues plages de sable fin, parfaitement aménagées. Vous y trouverez tout le nécessaire : cabines de plage, douches d’eau douce et autres équipements. Le littoral est bordé de centres de vacances, d’hôtels et de sanatoriums. L’air, mélange des influences maritimes et steppiques, est particulièrement pur et attire de nombreux visiteurs venus d’Ukraine et de l’étranger. Vous apprécierez également les généreux rayons du soleil méridional ! La saison balnéaire y débute en avril et se prolonge jusqu’en octobre. En juillet, le mois le plus chaud, la température diurne moyenne varie entre 25 et 30 °C. Il convient de noter que la chaleur estivale est agréablement tempérée par la proximité de la mer et des limans.
UN PEU D’HISTOIRE…
Tchornomorsk est une ville relativement jeune mais remarquable par sa beauté et sa propreté. Entre 1928 et 1951, elle portait le nom de Bouhov ; en 1952, elle fut rebaptisée Illitchivsky, puis Illitchivsk à partir de 1973. En 2018, la ville retrouva son nom actuel, Tchornomorsk. Les terres où elle s’élève aujourd’hui furent peuplées au XVIIIᵉ siècle par des migrants venus d’Ukraine, de Russie et de Moldavie. Ils fondèrent plusieurs hameaux appelés Bouhove, du nom de leur premier colon, Bouh. Jusqu’en 1924, leur population augmenta considérablement et, après la Seconde Guerre mondiale, une véritable cité de constructeurs navals vit le jour.
AUJOURD’HUI
Tchornomorsk réunit tout ce qu’il faut pour passer d’excellentes vacances : une grande diversité de services et, surtout, une atmosphère particulièrement agréable. Sur les plages, vous pourrez pratiquer de nombreuses activités nautiques : scooters des mers, bateaux, « bananes » tractées et bien d’autres. Les amateurs de sport trouveront également toutes les installations nécessaires pour jouer au beach-volley ou au football de plage.
Les personnes préférant une vie nocturne animée pourront profiter des nombreux restaurants, bars, cafés et discothèques de la ville. Diverses excursions sont également proposées. Ceux qui recherchent un séjour plus paisible pourront simplement flâner dans les rues de Tchornomorsk, qui offrent de nombreuses découvertes. La ville est réputée pour ses nombreuses fontaines, parmi lesquelles la Grande Fontaine et la fontaine La Petite Sirène sont les plus célèbres. Les parcs modernes, les allées élégantes et les magnifiques massifs fleuris contribuent également à son charme.
Les plus jeunes visiteurs ne sont pas oubliés. Partout dans la ville, vous trouverez des kiosques, des aires de jeux et des attractions où les enfants pourront s’amuser. À Tchornomorsk, il y a toujours quelque chose à faire, quelle que soit l’heure de la journée.
L’un des grands avantages de Tchornomorsk est sa proximité avec Odesa. Quel que soit le lieu de villégiature que vous choisirez dans la région d’Odesa, il serait dommage de ne pas consacrer une journée à la découverte d’Odesa. Cette ville offre tant de richesses que vous vous en souviendrez longtemps.
À Tchornomorsk, vous attendent une multitude de loisirs, des plages propres et parfaitement équipées, ainsi qu’une atmosphère véritablement unique.
La station thermale de Kouïalnyk est l’une des plus anciennes stations de cure par la boue de notre pays. Elle est située à 13 km du centre d’Odesa, au pied du mont Jevakhova, sur la rive droite du liman de Kouïalnyk.
UN PEU D’HISTOIRE…
Selon certains chercheurs, le nom de la station est lié à la forte concentration de sel dans les eaux du liman (du turcique kuyanlyk, « dense »). Ce n’est pas un hasard si, dans la littérature des peuples slaves, les limans de l’actuelle région d’Odesa étaient appelés les « lacs salés ». Le liman ne fournissait pas seulement du sel. Dans son ouvrage Description de l’Ukraine, Beauplan indique que le liman de Kouïalnyk (« Jezero Kujalik ») regorgeait de poissons ; on y trouvait des carpes et des brochets « d’une taille incroyable ». Pour les pêcher, « des caravanes entières arrivaient de régions situées à cinquante milles et davantage ».
On suppose qu’un ancien établissement humain existait sur le mont Jevakhova, voisin de Kouïalnyk, et que l’une des escales d’une importante route commerciale reliant les rivières Ros, Boug méridional, Kodyma et Kouïalnyk aux côtes de la Bulgarie et de la Grèce se trouvait sur la rive du liman. Cette voie avait l’avantage de permettre aux embarcations chargées de marchandises d’atteindre la mer Noire sans franchir les rapides du Dnipro. Aujourd’hui encore, les rives du liman livrent de nombreux fragments de céramiques datant des VIᵉ–IIᵉ siècles avant notre ère. Ce sont les vestiges d’un ancien entrepôt commercial. Sur le territoire de l’actuelle localité de Kouïalnyk, des fouilles menées à l’époque soviétique ont également mis au jour les restes d’un habitat fortifié fondé au début du Ier millénaire avant notre ère.
Autrefois, les limans de Khadjybeï et de Kouïalnyk étaient les embouchures des rivières Petit Kouïalnyk et Grand Kouïalnyk. En s’emparant de ces embouchures, la mer Noire les transforma en baies. Par la suite, les dépôts de sable fluvial et marin formèrent la flèche sableuse de Peresyp, tandis que les baies devinrent des limans. Le mot grec liman signifie d’ailleurs « port » ou « havre ». Malgré la richesse du vocabulaire grec pour désigner les golfes, mouillages ou anses, les Grecs de l’Antiquité utilisaient un terme spécifique — liman — pour désigner les ports situés à l’embouchure des fleuves.
Séparées de la mer, les eaux salées du liman se sont progressivement concentrées pour former la saumure (ropa), une solution fortement salée. L’originalité des limans de la région d’Odesa réside également dans les épaisses couches de boues limoneuses déposées sur leur fond. Elles renferment une multitude de minéraux et de substances organiques. Grâce à de complexes réactions chimiques et à l’action de nombreuses bactéries, ces boues ont acquis d’incomparables propriétés thérapeutiques. Comme dans un gigantesque laboratoire — ou plutôt une véritable usine chimico-pharmaceutique sous-marine — elles se forment en permanence au fond des limans. Les réserves les plus importantes se trouvent précisément à Kouïalnyk. Quant à leur qualité et à leurs vertus curatives, elles sont devenues une référence mondiale. Kouïalnyk est aujourd’hui l’une des plus anciennes stations de cure par la boue d’Ukraine. Les boues sulfureuses limoneuses de Kouïalnyk sont considérées comme une référence en matière de propriétés thérapeutiques. Elles contribuent à réduire les inflammations, renforcent le système immunitaire et favorisent la restauration des fonctions des organes et des systèmes de l’organisme. La saumure du liman possède également des propriétés médicinales, tandis que l’eau minérale « Kouïalnyk » est réputée bénéfique pour les maladies du système digestif.
Les premiers sauniers et les tchoumaks qui transportaient autrefois le sel extrait du liman de Kouïalnyk ressentirent involontairement les effets bénéfiques de la saumure et de la boue. Des récits de guérisons extraordinaires se répandirent bientôt au loin. Des personnes malades commencèrent alors à venir sur les rives du liman dans l’espoir de soulager leurs souffrances. À leur suite arrivèrent des médecins curieux ; les plus audacieux, comme cela s’est souvent produit dans l’histoire de la médecine, expérimentèrent eux-mêmes les effets de la saumure et de la boue avant de les proposer à leurs patients.
En 1833 arriva à Odesa un jeune médecin, érudit et énergique : Erast Andriïevsky. Ayant appris les vertus thérapeutiques de la boue et des eaux du liman de Kouïalnyk, il parvint à convaincre les autorités municipales de créer ici un établissement de soins. La ville racheta au prince Ivan Jevakhov, général-major à la retraite et propriétaire des terrains situés entre les limans de Khadjybeï et de Kouïalnyk — région qui prendra plus tard le nom de « mont Jevakhova » — une parcelle destinée à la construction de l’hôpital. En juin 1833, l’architecte Kochelev entreprit les travaux. Deux mois plus tard seulement, un « bain chaud » destiné aux cures de boue et un « bain froid » permettant les traitements à la saumure étaient déjà achevés. Ainsi, grâce à l’initiative d’Erast Andriïevsky, s’ouvrait la première page de l’histoire de cette célèbre station. Peu à peu, le complexe continua à se développer. À partir de 1841, sur ordre du comte Mikhaïl Vorontsov, des terrains furent attribués gratuitement sur les pentes du mont Jevakhova, le long du liman, afin d’y construire des villas. En peu de temps, un village vit le jour, capable d’accueillir jusqu’à un millier de curistes durant la saison estivale.
En 1851, Andriïevsky partit s’installer dans le Caucase. Odesa rendit hommage aux mérites de ce médecin progressiste en lui érigeant un monument sur le site de la station (architecte : I. Tolvinsky ; sculpteur : B. Edwards). L’une des rues de Peresyp porte aujourd’hui son nom.
Pendant de longues années, la station de Kouïalnyk connut une existence difficile. L’intérêt que lui portaient les autorités municipales peut être illustré par un fait révélateur. Le célèbre entrepreneur odessite Nikolaï Novosselsky prit Kouïalnyk en location pour vingt-cinq ans « avec divers privilèges » et transforma le liman en une vaste exploitation saline produisant chaque année trois à quatre millions de pouds de sel. La Douma municipale, qui lui avait accordé ces droits, lui céda même une partie des bâtiments de la station afin d’y entreposer sa production. En 1866, Novosselsky revendit cette exploitation, qui ne lui appartenait pourtant pas, au ministère des Finances. Celui-ci divisa ensuite le liman en sept parcelles louées à différents exploitants. Plus tard, une société par actions prit en charge l’extraction du sel. Ce n’est qu’à la fin du XIXᵉ siècle, lorsque le sel meilleur marché provenant des lacs de Crimée et des mines du Donbass commença à concurrencer celui d’Odesa, que la station fut sauvée. Le souvenir de cette « épopée du sel » subsiste encore aujourd’hui dans le nom de sept ruelles appelées tout simplement les ruelles Salines.
Une nouvelle étape de l’histoire de la station de Kouïalnyk commença en 1868 avec la nomination du docteur A. Bertenzon à la direction de l’hôpital. Sous son impulsion furent construits un nouvel établissement de quinze salles de soins, sept maisons comprenant quatre-vingts chambres meublées, un restaurant ainsi qu’un parc. Grâce à son insistance, une ligne de chemin de fer fut inaugurée en 1873, reliant la station au port maritime et à la gare ferroviaire.
En 1890, face à la popularité croissante de la station, débuta la construction d’un nouveau complexe hydrothérapeutique et de boue selon les plans de l’académicien en architecture Mykola Tolvinsky. Le 8 mai 1892, ce nouvel établissement — l’un des plus beaux de l’Empire, le plus mécanisé et doté de la plus grande capacité d’accueil — reçut ses premiers patients. Jusqu’à la révolution, toutefois, il serait exagéré de parler d’une véritable station thermale au sens moderne du terme, malgré l’édification de cet imposant bâtiment en 1892.
Ce n’est qu’à l’époque soviétique que Kouïalnyk devint une véritable station de santé populaire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle subit d’importants dégâts. En faisant sauter la digue de protection, les troupes allemandes inondèrent un parc de 18 hectares, mirent hors service l’établissement de cure et détruisirent presque tous les sanatoriums construits durant les plans quinquennaux. Après la guerre, la station renaquit. De nouvelles méthodes thérapeutiques, plus efficaces, furent introduites et la capacité d’accueil de l’établissement augmenta considérablement. Kouïalnyk était également célèbre pour son eau minérale de table. Une usine y fut construite afin de produire chaque année jusqu’à trente millions de bouteilles de la célèbre eau minérale « Kouïalnyk ».
AUJOURD’HUI
Aujourd’hui, Kouïalnyk constitue un vaste complexe d’établissements de cure et de villégiature. Il comprend un établissement thermal spécialisé dans les cures de boue ainsi qu’une polyclinique de station regroupant les principaux équipements médicaux et diagnostiques ; plusieurs sanatoriums, notamment ceux portant les noms de N. Semachko et de N. Pirogov ; ainsi que le Palais de la Culture de la station.
Le liman de Khadjybeï est un liman situé sur le littoral de la mer Noire, à 7 km (9,5 km par la route) au nord-ouest d’Odesa. Il mesure environ 31 kilomètres de long et entre 0,5 et 3,5 kilomètres de large (2,5 kilomètres en moyenne), couvre une superficie d’environ 70 km² et atteint une profondeur maximale de 15 mètres (2,5 mètres en moyenne). La salinité du liman est de 5 à 6 ‰. Il est séparé de la mer par une flèche littorale de sable et de coquillages longue de 5 kilomètres et large de 4,5 kilomètres, sans communication avec la mer.
Le liman constitue une ancienne baie de la partie nord-ouest de la mer Noire, formée par l’isolement de l’embouchure de la rivière Petit Kouïalnyk. Son fond est recouvert d’une couche de boue noire aux propriétés thérapeutiques. C’est sur cette base qu’a été créée la station thermale de Khadjybeï. Plusieurs localités bordent le liman, notamment Ousatove (où se trouve le sanatorium « Khadjybeï »), Velyka Balka, Kholodna Balka et d’autres villages ainsi que des zones de résidences secondaires.
La station thermale de Khadjybeï est l’une des plus anciennes stations de cure par la boue d’Ukraine. Elle existe depuis l’époque de l’Empire russe puis de l’Union soviétique et, avec la station de Kouïalnyk, jouissait déjà d’une grande renommée au cours du premier tiers du XIXᵉ siècle. Les principaux facteurs thérapeutiques naturels sont les boues et la saumure du liman de Khadjybeï. Comparé au liman de Kouïalnyk, celui de Khadjybeï est beaucoup plus riche en eau et sa saumure présente une concentration en sels moins élevée. D’un point de vue chimique, cette saumure est de type chloruré sodique et magnésien. Les boues du liman, dont les réserves sont estimées à 13 millions de mètres cubes, appartiennent à la catégorie des boues limoneuses sulfurées et sont largement utilisées en fangothérapie. Une vaste plage de sable située sur les rives du liman est également exploitée pour la climatothérapie. La station propose aussi des bains iodés-bromés et d’autres bains préparés artificiellement à partir de la saumure du liman, ainsi que des traitements de physiothérapie et des séances de rééducation fonctionnelle.
Le sanatorium situé dans le village d’Ousatove (200 places) accueille des enfants souffrant de maladies de l’appareil locomoteur ainsi que de séquelles de certaines affections du système nerveux. Il comprend également un établissement d’hydrothérapie et de fangothérapie. Le sanatorium abrite en outre la clinique neurologique pédiatrique de l’Institut de recherche en balnéologie d’Odesa. Les boues du liman sont également utilisées par la station de Kholodna Balka, qui constitue aujourd’hui le complexe n° 2 de la station thermale « Khadjybeï ». Le complexe n° 3 de la station « Khadjybeï » est situé à Odesa, au 2, ruelle Karkachadze (ancienne ruelle Tsehelny), dans le secteur du boulevard Français, à proximité de la 2ᵉ station du Grand Fontan.
Le liman de Khadjybeï est desservi par le célèbre « tramway des roseaux » (ligne n° 20), qui constitue lui aussi l’une des curiosités emblématiques d’Odesa.